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  • L’Ufolep à guichet fermé

    Alors que la saison bat son plein, les pilotes de la région se heurtent de plus en plus à un problème d’engagement sur les courses Ufolep. Beaucoup de pilotes, qui ont acheté à prix d’or une moto pour se faire plaisir, doivent se résoudre à la faire briller au garage ou à ne rouler qu’à l’entrainement faute d’avoir pu se faire engager sur les courses.

    Constat alarmant
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    De leur côté, les clubs ne peuvent que constater que ce problème devient de plus en plus difficile à gérer. Non seulement leurs licenciés ne peuvent rouler mais leur propre organisation croule sous les demandes de participation et la pression monte.
    Certains clubs ont refusé cette année jusqu’à 120 pilotes pour leur motocross. Et des pilotes perdent leurs nerfs, proposant même des pots de vin aux responsables des clubs pour rouler ou menaçant de leur régler leur compte «à coups de poings».
    Dans la plupart des cas, les inscriptions sur chacune des courses sont closes en 3 à 4 jours en Open. Et les Trophées sont à peine mieux lotis puisqu’ils refusent une bonne dizaine de pilotes chacun et doivent maintenant adopter des restrictions administratives à la participation …

    Vases communicants
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    L’explication la plus communément admise dans les parcs coureurs est la déconfiture (que dire d’autre ?) de la Ligue Poitou-Charentes.
    Voici quelques années, le championnat de ligue FFM représentait l’ambition de tout pilote de bon niveau. L’Ufolep faisait office d’antichambre de la compétition motocross (voire de parent pauvre). Mais cette situation s’est complétement retournée ces dernières années. Les habitués du championnat de ligue décrivent des grilles à peine pleines même en réunissant les catégories 125 et 250 cc.
    Le prix des licences, celui des motos, les contraintes matérielles, les trop rares circuits (en voie de disparition), parfois mal préparés, ont conduit les pilotes, qui roulent désormais pour le plaisir, à se tourner vers l’Ufolep. Un pilote qui paie plusieurs centaines d’euros sa licence pour courir une poignée de courses de championnat de Ligue peut légitimement envier ses collègues de l’Ufolep qui paient moins de 100 € pour une bonne dizaine de courses en trophée.
    Et ils ne tardent pas à sauter le pas. Quand ce ne sont pas carrément les clubs qui passent de la Ligue à l’Ufolep …

    Aucune réaction
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    Malheureusement, la Ligue ne semble pas en mesure ou même désireuse de redresser la barre. Des pilotes ou responsables de clubs FFM (anonymes) décrivent une Ligue enfermée dans de vieux préjugés dépassés à propos de l’Ufolep. Pour elle, les courses Ufolep seraient encore ces kermesses organisées approximativement qu’on a connu voici plusieurs dizaines d’années.
    La Ligue n’a pas vu la qualité des organisations Ufolep évoluer, la préparation des terrains progresser (pour dépasser parfois leurs homologues FFM), les bénévoles se former, la sécurité augmenter …
    Les pilotes, eux, ont constaté cette évolution et compris que l’Ufolep est désormais une alternative valable à la FFM.
    Il ne faudrait pas rallumer une guerre stérile entre les deux fédérations mais on doit bien constater que cette situation ne profite ni à la FFM (lancée dans un cercle vicieux : moins de course donc moins de pilotes donc moins de courses …), ni à l’Ufolep (contrainte de refuser des pilotes qui ont pourtant vocation à rouler sur ses épreuves).

    Pis aller
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    Dans l’urgence, les organisations Ufolep en sont réduites à des expédients pour résoudre ce problème. On gère la pénurie de courses et l’excès de pilotes. Un recensement rapide au niveau régional montre que plus de 600 pilotes ont une licence Ufolep active cette saison pour environ 50 courses au calendrier. Cela signifie que, même avec trois courses programmées le même jour, tous les pilotes ne pourraient pas rouler compte tenu de la capacité limitée des circuits.
    Du coup, les organisateurs Ufolep appliquent des critères à l’engagement (pas de double licence, critères d’âge, parfois même copinage …) ou tiennent compte de l’ordre d’arrivée d’un courrier plutôt que de la motivation du pilote …
    Aucune solution n’est idéale. Des qualifications en début de saison (tentées en trophée 125 voici quelques années) tiendraient de la roulette russe et conduiraient irrémédiablement à une élévation du niveau sportif de l’Ufolep qui excluerait les pilotes loisirs de l’Ufolep et ferait de ses championnats des championnats de Ligue bis.

    Solutions ?

    La seule véritable solution serait la création massive de clubs dans les mêmes proportions que l’augmentation du nombre de pilotes. Mais le contexte actuel ne s’y prête guère …
    Comme nous ne vivons pas (plus ?) dans un monde où un circuit de cross peut naitre de la volonté de quelques bénévoles motivés, on ne peut donc qu’espérer que la Ligue trouve une nouveau souffle pour attirer à nouveau sur ses courses les pilotes qui ont déserté ses grilles de départ.

    Réagissez à cet article en envoyant un commentaire et parlez-en autour de vous. Peut-être la situation évoluera-t-elle enfin …