Les motards verts chassés du paysage rural
Chemins pavés de bonnes intentions
Dans le monde des motards verts, le constat est amer et unanime. Les pratiquants constatent tous que les chemins qui leur restent ouverts se réduisent peu à peu à la portion congrue. «Je fais aussi du jogging, concède Gilles Trouvé, Je peux concevoir qu’on ne veuille pas rencontrer des motos sur les chemins.»
Seulement cette tolérance est unilatérale. Le plus souvent, elle joue au détriment des pratiquants de la moto. «Désormais, il nous est pratiquement interdit de rouler dans un rayon de 20 km autour de Poitiers. Nous ouvrons pourtant régulièrement des chemins nouveaux lors de la journée des chemins.» complète-t-il avant d’être repris par un pilote «Oui, mais il nous arrive aussi d’ouvrir des chemins qui nous sont ensuite interdits.»
Chassés du territoire, les motards verts sont devenus indésirables même quand ils respectent la loi, les autres usagers de la nature et l’environnement. À la base de cet ostracisme, on retrouve une incompréhension et une méconnaissance totale de la moto. Beaucoup confondent les motos d’enduro (homologuées, tenues de respecter des normes de bruit et de monte pneumatique moins agressives …) avec des motos de cross. La plupart des randonneurs ne comprennent même pas qu’on puisse trouver du plaisir à se balader à moto.
Jeux de pistes
La pratique de la balade moto dans les chemins devient donc difficile. Les motards les plus conscients doivent soigneusement préparer leur itinéraire ce qui impose parfois une grosse organisation et ne met pas à l’abri d’une surprise ni de la mauvaise réputation que leur donne d’autres pratiquants moins scrupuleux.
«Il nous arrive de nous retrouver devant une interdiction de parcourir un chemin qu’on a emprunté un mois avant et de devoir modifier complétement notre itinéraire.» se désole Gilles Trouvé. Pas facile dans ces conditions de ne pas se perdre sur une chemin non reconnu. «Et quand on se perd, c’est pire. Si on croise des randonneurs dans un sens et qu’on fait demi-tour, on double l’impact (…) La plupart du temps, cela se passe très bien. On se salue, on se respecte mais la mairie reçoit des plaintes dans la semaine qui suit.»
Il est déjà difficile de se promener. Alors imaginer l’organisation d’une compétition d’enduro … «Ici, notre enduro loisir est relativement facile à organiser car ce n’est pas une compétition et le domaine est privé et appartient à un seul propriétaire. Mais pour un enduro, les organisateurs travaillent toute l’année à négocier avec les propriétaires, obtenir les autorisations administratives …»
Du coup, plus aucun enduro n’est organisé dans la Vienne et ils sont de plus en plus rares en France. Chassés sans discernement, les motards verts se voient parqués dans des territoires de plus en plus restreints au risque de voir les nuisances concentrées et d’augmenter encore l’intolérance qui les touche.
Moto Verte Val de Vienne organise son enduro loisir annuel
Vu dans Centre Presse, le quotidien de la Vienne
La moto nature
Dimanche 8 avril, Moto Verte du Val de Vienne organisait son enduro loisir annuel. L’occasion pour les pilotes moto de savourer le plaisir d’un enduro sans contrainte ni compétition. L’occasion aussi de rencontrer des motards touchés par l’incompréhension et l’intolérance.
Rêve de motard vert. La matinée touche à sa fin et un soleil printanier baigne la prairie qui domine un vallon escarpé. Dans le parc coureur, les enduristes se retrouvent après un hivernage solitaire pour se raconter les dernières anecdotes et détailler la dernière moto achetée. De temps en temps, un groupe d’amis enfourchent leur moto, se dirigent vers le départ de la boucle de 15 km pour un parcours accumulant difficultés naturelles de franchissement, panoramas printaniers et pauses salvatrices.
Ce rêve de motard vert, Moto Verte Val de Vienne, le club moto basé à Availles-Limouzine, le propose depuis maintenant 8 ans. Née de la rencontre de passionnés de balades moto et d’enduro, cette association a eu la chance de nouer contact avec les propriétaires du centre de pilotage 4X4 des Beaupignères à Availles-Limouzine. Et c’est ainsi qu’est né l’enduro loisir d’Availles.
«Au début, nous avons eu une cinquantaine de participants, se souvient Gilles Trouvé, le président de l’association, Mais maintenant, nous devons limiter le nombre d’inscrits à 230. Les pilotes viennent du Limousin, des Charentes et le plus éloigné vient même de la Côte d’Or.»
À son rythme
C’est que le concept de l’enduro loisir mèle habilement les ingrédients de l’enduro sans ses contraintes. La boucle de 15 km est parcourue sans aucune notion de compétition. Chacun est libre de son rythme. Les pierriers, bourbiers, passages de gué, grimpettes bien chères (celle qui vous font payer au prix fort leur ascension) et autres difficultés peuvent être court-circuitées. Chacun peut aussi s’arrêter pour taper la causette ou souffler après avoir relevé sa moto une bonne poignée de fois.
Alternées avec les passages roulants qui donnent tout loisir de savourer la beauté des chemins, ces difficultés offrent aux enduristes tout ce qu’ils attendent d’un parcours naturel sans aucune contrainte. Pour des motards habitués à parcourir les chemins de la région avec un œil sur la carte pour ne pas se perdre sur un chemin interdit, un œil dans les fourrés pour ne pas se faire verbaliser et un œil sur les piétons de passage pour ne pas passer pour un sauvage mécanique, cette balade permet de profiter de la moto sans autre souci que d’accumuler du plaisir.
Et même les galères habituelles ne suffisent pas à gâcher le plaisir. Sûr que le propriétaire de cette moto posée à l’envers pour vider l’eau entrée dans le moteur gardera un souvenir ému de cette journée. Sûr que cet ambitieux bloqué dans une montée ravinée par le passage des 4X4 du centre de pilotage se vantera d’avoir essayé. Sûr que tous trépigneront d’impatience en attendant l’édition 2008 de cet enduro loisir.
Trophée Poitou-Charentes Ufolep 250 cc
Ouverture réussie au Tâtre
Le soleil était de la partie pour l’ouverture du trophée 250 cc au Tâtre (16). Les pilotes du trophée découvraient ici pour la première fois le superbe circuit du club Moto Passion le Tâtre et ils ont apprécié le tracé rapide et les sauts techniques mais sécurisants d’un circuit qui mériterait d’être plus connu.
Sur le pplan sportif, la course a vu la domination de Christophe Bureau (3/1/) devant Christophe Simonnet (4/2/2). Les deux vieux potes de ligues (d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) se retrouvaient ici et n’ont dû leur place qu’à la chute de Cyril Griffautl (1/1/DNF) dès le 1er tour de la dernière manche. Willy Buttet et Pierrick Rocher se sortent bien de cette étape d’ouverture d’un championnat qui compte 8 courses (la prochaine aura lieu le 27 mai à Ouzilly).
A l’issue de cette course, les 30 pilotes qualifiés pour cette ouverture se sont montrés tellement ravis par le circuit et l’organisation qu’il ne tient qu’au club d’obtenir l’an prochain une nouvelle course du Trophée 250 cc.
pour voir le classement, cliquez sur le lien.
trophe?e_250_2007.xls
